Le favori du simple messieurs s'appelle Novak Djokovic. Mais sa récente blessure à l'épaule droite laisse planer un doute. Et ses rivaux n'ont pas dit leur dernier mot. Chez les dames, la hiérarchie est beaucoup plus floue…
Depuis Roland-Garros, on sait que la saison parfaite à zéro défaite restera un mythe, tout au moins cette année. En demi-finales à Paris , Novak Djokovic a cédé face au génie de Roger Federer. Mais le Serbe a vite rebondi. Cet été, il s'est imposé à Wimbledon et à Montréal. Ses huitième et neuvième titres. Puis à Cincinnati, on a bien cru que "Nole" allait remporter son sixième ATP Masters 1000 de la saison. Un exploit de plus lui tendait les bras. Las, il a dû abandonner en finale face à Andy Murray, concédant ainsi sa deuxième défaite en 2011. La faute à une douleur à l'épaule droite.
Ce dernier rebondissement laisse donc planer un doute sur son physique à la veille de l'US Open 2011. Pas de panique, la vraie inquiétude qui plane sur le tournoi, c'est l'arrivée imminente de l'ouragan Irène. Djokovic, lui, sera bien le grand favori à Flushing Meadows. S'il gagne, son année sera extraordinaire, quoi qu'il arrive à Shanghai, Paris, Londres et même une éventuelle finale de Coupe Davis. La saison du Serbe pourrait être plus impressionnante encore que celles de John McEnroe en 1984 (3 défaites au total) ou de Roger Federer en 2004, 2005 et 2006 (6, 4 et 5 défaites).
Des outsiders prestigieux
Cela peut paraître invraisemblable, mais Roger Federer et Rafael Nadal, deux des plus grands joueurs de l'histoire du jeu, sont bel et bien en retrait par rapport au n°1 mondial. A New York, ils s'avanceront en outsiders. Des "underdogs", comme disent les Américains, qui ont pourtant de sacrées références. "Rafa" est le tenant du titre. Cette saison, il a quand même gagné Roland-Garros. Alors oui, il faudra compter sur lui, même si une brûlure aux doigts de la main droite et une douleur au pied ont récemment affecté ses performances. Mais en cas de finale face au Serbe, les cinq défaites qu'il compte face à son rival en 2011 pourraient peser lourd dans la balance. Et puis, Nadal n'a gagné que sur terre battue cette saison.
Le troisième type parmi les favoris, c'est bien sûr Roger Federer. On a beaucoup parlé de son âge, pour tenter d'expliquer qu'il n'a gagné qu'un seul titre cette saison (Doha, lors de son premier tournoi). En fait, le jeune trentenaire a beaucoup perdu contre ses grands rivaux : Djokovic et Nadal l'ont battu trois fois. Et un certain Jo-Wilfried Tsonga, deux fois. Pas de bol, il lui faudra peut-être battre ces trois-là pour aller au bout. Mais "Rodgeur" n'est pas si loin que ça. Quintuple vainqueur de l'US Open entre 2004 et 2008, le Suisse peut évidemment faire taire les rumeurs de son déclin d'un coup de baguette magique. En Grand Chelem, le maestro ne déçoit jamais. Il en est à 29 quarts de finale d'affilée…
Les Français dans la meute
On a coutume de dire qu'Andy Murray est le quatrième homme des quatre Fantastiques. Il a quand même été parfois à la peine cette saison, mais son récent succès à Cincinnati, bien qu'un peu chanceux (outre la finale, il a aussi bénéficié de l'abandon de Tomas Berdych en demi-finales), l'a forcément relancé. L'Ecossais est dans la partie de tableau de Djokovic. Mais on ne parierait pas forcément sur sa présence dans le dernier carré.
Qui est le mieux placé pour bousculer la hiérarchie et créer la surprise, comme l'avait fait Juan Martin Del Potro en 2009 ? David Ferrer, n°5 mondial, n'évolue pas sur sa meilleure surface. Robin Soderling a souffert dernièrement du poignet. Il y a peut-être Mardy Fish, l'homme de l'été américain, mais il a les nerfs parfois fragiles.
Alors, pourquoi pas les Français ? Tsonga, mais aussi Monfils, Gasquet et Simon ont des arguments. Sauf que le tirage au sort ne les a pas épargnés. Les trois premiers sont dans la partie haute du tableau, la plus dense, avec bien sûr Djokovic, mais aussi Federer, Berdych, Fish, Verdasco. Si Madame Irène veut bien épargner New York de ses pluies torrentielles, quelques ténors risquent quand même de partir très tôt en coup de vent…
Irène ou Serena ?
Gageons tout de même que les filles ne se laisseront pas voler la vedette par ce phénomène… météorologique. En l’absence de Kim Clijsters, double tenante du titre mais privée de Flushing pour une blessure aux abdominaux, la patronne de l’US Open n’est autre que Serena Williams, dont le placement dans le tableau était la grande curiosité du tirage au sort. La tête de série n°28 s’est retrouvée dans la moitié supérieure, où elle risque de devoir cravacher pour s’enfoncer dans le tournoi. Après un troisième tour contre Victoria Azarenka, qu’elle a battue en demi-finales de Toronto, elle pourrait enchaîner, dans l’ordre, sur les deux dernières reines de Roland Garros, Francesca Schiavone en quarts et Na Li en demies. Un joli menu pour confirmer son retour au premier plan après l’embolie pulmonaire qui avait failli lui coûter la vie au mois de mars 2011.
À moins que Caroline Wozniacki ne se décide enfin à faire honneur à son rang de n°1 mondial en remportant son premier tournoi du Grand Chelem… Si elle doit débloquer son compteur, c’est sans doute à New York qu’elle le fera, là où elle a disputé sa seule finale majeure, en 2009 contre Clijsters. Cependant, ses résultats récents ne plaident pas en sa faveur. Éjectée dès le premier tour à Toronto et Cincinatti, elle n’a plus battu une joueuse du top 25 depuis le 20 mai dernier. Mais cette mauvaise série pourrait aussi lui enlever un peu de pression, allez savoir !
Bartoli peut voir venir
Moins corsé, le bas du tableau devrait offrir en quarts de finale la revanche de la finale de Wimbledon, qui avait vu Petra Kvitova remporter son premier Grand Chelem au nez et à la barbe de Maria Sharapova. Mais la gauchère éprouve quelques difficultés à enchaîner depuis son sacre londonien, comme en attestent ces défaites au deuxième tour de Toronto et Cincinatti. Or, c’est justement à "Cincy" que Maria a arraché le 24e titre de sa zigzagante carrière, en disposant consécutivement de Kuznetsova, Stosur, Zvonareva et Jankovic, rien que ça ! Il faudra assurément compter avec la belle bonde, couronnée en 2006, pour la victoire finale.
Est-ce à dire que le dernier quart compte pour du beurre ? Assurément pas, car de Vera Zvonareva à Dominika Cilbukova en passant par Sabine Lisicki, toutes ont un appétit vorace. Malgré un été américain en demi-teinte, il serait malvenu d’écarter de la course Marion Bartoli, tête de série n°8 et relativement gâtée par le tirage puisque son premier obstacle n’apparaîtra qu’en huitièmes en la personne de Samantha Stosur. A l’exception de Pauline Parmentier et d'Aravane Rezaï, respectivement opposées à Daniela Hantuchova et Flavia Pennetta d'entrée, toutes les autres Françaises ont un premier tour à leur portée. La suite semble moins accessible, avec notamment des chocs contre Na Li pour Mathilde Johansson et Roberta Vinci pour Alizé Cornet, dès le deuxième tour. La mieux lotie, Virginie Razzano, ne croisera éventuellement le fer avec une tête de série (Shuai Peng) qu’au troisième tour.
Huitièmes de finale théoriques
Tableau masculin
Novak DJOKOVIC – Richard GASQUET
Tomas BERDYCH – Gaël MONFILS
Roger FEDERER - Viktor TROICKI
Jo-Wilfried TSONGA - Mardy FISH
Robin SODERLING - Gilles SIMON
Stanislas WAWRINKA – Andy MURRAY
David FERRER – Nicolas ALMAGRO
YOUZHNY, Mikhail - NADAL, Rafael
Tableau féminin
Caroline WOZNIACKI – Svetlana KUZNETSOVA
Andrea PETKOVIC – Na LI
Victoria AZARENKA- Ana IVANOVIC
Jelena JANKOVIC – Francesca SCHIAVONE
Petra KVITOVA – Agnieszka RADWANSKA
Shuai PENG – Maria SHARAPOVA
Marion BARTOLI- Samantha STOSUR
Dominika CIBULKOVA – Vera ZVONAREVA