Le premier top 10 est tombé dans le tableau masculin et cet exploit est à mettre au crédit d’un Français : Julien Benneteau. En revanche, la seule membre tricolore de ce cercle fermé, Marion Bartoli, a déjà quitté la compétition après une sévère défaite contre une jeune Américaine de 19 ans. Andy Murray et Juan Martin del Potro ont franchi le premier tour aisément, alors que Gilles Simon a eu besoin de cinq sets.
La première grande surprise de cet US Open 2011 est donc l’œuvre d’un revenant. Blessé au poignet l’an dernier à New York et privé de la finale de la Coupe Davis, Julien Benneteau est retombé jusqu’au 113e rang mondial (le 22 août) pendant cette saison 2011 calamiteuse où il s’est même blessé à un doigt avec une baguette chinoise ! Mais les pépins physiques l’ont laissé tranquille depuis quelques semaines et le bonhomme s’est refait un moral la semaine dernière en enchaînant neuf matches à Winston Salem pour finalement échouer face à John Isner en fina le.
« Ma plus belle victoire en Grand Chelem »
Face à Nicolas Almagro (n°10), dont la rapidité de bras n’a d’égale que sa faculté à sortir des matches, le Bressan a livré une prestation extrêmement juste, conclue par un 6/2, 6/4, 6/3 net et sans bavures. « C’est ma plus belle victoire en Grand Chelem, a confié Bennet en conférence de presse. Ça faisait longtemps que je n’avais pas battu un top 10. J’ai dit à Lolo (Loïc Courteau, son entraîneur) en plaisantant ‘normalement j’en bats un par saison’ et il m’a dit ‘ben, faut y aller !’ ». Invité par l’organisation, le 81e mondial a joué son meilleur tennis, prenant sa chance avec beaucoup d’à-propos, brouillant les cartes avec ses montées au filet (18 victorieuses sur 25) et se battant sur tous les points (un seul service perdu pour treize balles de break concédées).
Opposé à l’Ouzbek Denis Istomin au deuxième tour, Benneteau dispose désormais d’un tableau favorable : à lui de l’exploiter pour dépasser enfin le troisième tour, son meilleur résultat à Flushing Meadows. Il partage ce plafond avec Gilles Simon, également qualifié pour le deuxième tour mais au prix d’efforts autrement plus rudes. Malmené par un Ricardo Mello étonnant de régularité, le Niçois s’est finalement imposé sur le score de 3/6, 6/3, 6/4, 3/6, 6/4 au bout de 3h30, au terme d’un dernier jeu de service concédé blanc par le Brésilien, assorti notamment de trois fautes directes. La tête de série n°12 croisera le fer avec Guillermo Garcia-Lopez, qui a mis 3h57 à battre son compatriote Daniel Gimeno. Duel de marathoniens en perspective…
Simon au forceps
Mais le Brésil ne sort pas complètement perdant de cette troisième journée. Car les malheurs de Mello sont largement compensés par la qualification de Rogerio Dutra da Silva pour le deuxième tour. Ne vous étonnez pas si ce patronyme ne vous dit rien : le Paulista disputait ce mercredi son premier match dans le tableau principal d’un tournoi du Grand Chelem. Rappelé par l’organisation en tant que lucky-loser après la défection de Robin Soderling (il s’était incliné au troisième tour des qualifications contre Sergei Bubka), le 114e mondial a bénéficié de l’abandon de l’Irlandais Louk Sorensen alors qu’il menait 6/0, 3/6, 6/4, 1-0. Après la défaite de Conor Niland d’hier, l’île émeraude n’est décidément pas vernie…
Le troisième français en lice, Marc Gicquel, a été éliminé par le jeune Américain Jack Sock, vainqueur du dernier US Open juniors et bénéficiaire d’une wild card. Il pourrait affronter au deuxième tour son illustre aîné Andy Roddick, à condition que celui-ci imite Andy Murray (n°4) et Juan Martin del Potro (n°18), vainqueurs en trois sets de Somdev Devvarman et Filippo Volandri respectivement.
L’impuissance de Bartoli
Le contingent tricolore a également perdu sa meilleure représentante, Marion Bartoli, battue en deux manches par la jeune Américaine de 19 ans Christina McHale. Incapable de prendre la 55e mondiale de vitesse, l’Auvergnate n’a jamais trouvé la solution. « Je ne pense pas avoir raté mon match ; c’est elle qui a extrêmement bien joué et elle mérite sa victoire, a confié la tête de série n°8 avec beaucoup de fair-play. J’ai eu l’impression qu’elle lisait très bien mon jeu ou que j’étais trop prévisible. Je devais surjouer constamment pour marquer des points et ça m’a forcée à aller à la faute à des moments importants. » Un sentiment confirmé par les 38 fautes directes de Marion, qui n’a pu convertir que cinq des seize occasions de break qu’elle s’est octroyées. Au troisième tour, McHale se mesurera à Maria Kirilenko.
Parmi les autres favorites, il convient de citer le succès compliqué de Vera Zvonareva (n°2) sur Kateryna Bondarenko, ainsi que celui plus aisé de Samantha Stosur (n°9) sur Coco Vandeweghe. En revanche, Venus Williams a dû déclarer forfait avant d’affronter Sabine Lisicki (n°22), expliquant plus tard dans un communiqué qu’elle « souffre du syndrome de Sjögren, une maladie auto-immune qui influe sur mon énergie et entraîne de la fatigue et des douleurs articulaires. J’ai pris du plaisir lors de mon premier match et j’aimerais pouvoir continuer, mais cela m’est impossible. Je suis soulagé que l’on ait enfin trouvé ce que j’avais et j’espère pouvoir me soigner pour être rapidement de retour sur les courts ». Un souhait que partagent assurément tous les fans de tennis…