Et une surprise de plus, une ! Pour trouver la gagnante du tournoi féminin, ça confine de jour en jour au casse-tête. Car les têtes de série, elles, n'en finissent plus de tomber. Après la chute de la reine de Wimbledon le premier jour (Kvitova), celle de la gagnante de Roland-Garros le deuxième jour (Li Na), voilà que c'est l'une des grandes favorites, Maria Sharapova, qui se prend les pieds dans le tapis, dès le deuxième tour.
La blonde Maria s'est fait surprendre par la brune Flavia Pennetta (6/3, 3/6, 6/4). Pourtant, l'Italienne, tête de série n°26, était discrète ces derniers mois. Mais les 60 fautes directes de la Russe l'ont aidée à créer la sensation. A 5-4 contre elle au troisième set, dos au mur, la n°4 mondiale a craqué. Sharapova a débuté ce dernier jeu par deux double-fautes, avant d'être clouée sur place par deux attaques adverses.
"Elle a joué intelligemment, en m'obligeant à frapper beaucoup de balles, a reconnu la gagnante de l'édition 2006. Mais j'aurais pu mieux faire sur certains points. J'ai été trop inconsistante."
La frayeur de Murray
Le bas du tableau féminin est donc déserté par Maria Sharapova (n°3), Petra Kvitova (n°5), Marion Bartoli (n°8), Agnieszka Radwanska (n°12) et Dominika Cibulkova (n°14), parmi les principales têtes d'affiche. Il y aura assurément une demi-finaliste inattendue. Vera Zvonareva (n°2), qui a eu toutes les peines du monde à venir à bout de l'Espagnole Anabel Medina Garrigues, 6/4, 7/5, devrait "logiquement" atteindre la finale. Mais on ne jurera de rien, dans ce tournoi plus "open" que jamais.
Si ça bouge beaucoup chez les dames, chez les messieurs, en revanche, on conserve une certaine stabilité. Certes, l'ex grand espoir du tennis américain, Donald Young, s'est enfin illustré dans son tournoi. A 22 ans, le natif de Chicago a frappé le premier grand coup de sa carrière en éliminant la tête de série n°14, le Suisse Stanislas Wawrinka (7/6, 3/6, 2/6, 6/3, 7/6). Certes, l'Autrichien Jürgen Melzer (n°17) a plié face au Russe Igor Kunitsyn, au tie-break du cinquième également (3/6, 6/3, 1/6, 6/2, 7/6). Et puis il y a eu aussi le succès d'un revenant, David Nalbandian aux dépens d'Ivan Ljubicic (n°30), 6/4, 1/6, 6/3, 6/2.
Mais ces demi-surprises n'ont pas vraiment secoué le tournoi. L'un des grands favoris s'est tout de même fait très peur. Andy Murray a remonté deux manches de retard face au grand serveur néerlandais Robin Haase (6/7, 2/6, 6/2, 6/0, 6/4). Le n°4 mondial peine en ce début de tournoi. Dans le dernier set, l'Ecossais menait 4-0 et semblait avoir touché-coulé le "Flying Dutchman". Fébrile, agacé par les encouragements du public vers son adversaire, Murray a vu Haase revenir à 4-4. Il s'en est sorti, mais sans convaincre…
Benneteau, l'invité du 3e tour
Quant à Rafael Nadal, il a bénéficié de l'abandon de Nicolas Mahut, qui a jeté l'éponge après la perte des deux premiers sets (6/2, 6/2). Touché aux abdominaux, le jeune papa avait rêvé d'une issue plus heureuse, pour son premier match sur le Stadium Arthur Ashe. Il se consolera en retournant pouponner son petit garçon, Natanel.
Les deux autres Français en lice ce vendredi ont été plus heureux. Julien Benneteau et Gilles Simon ont en effet rejoint Jo-Wilfried Tsonga au troisième tour. "Bennet" a confirmé sa "perf" du premier tour, aux dépens du n°10 mondial, Nicolas Almagro. Il a surclassé l'Ouzbek Denis Istomin, 6/4, 6/4, 6/4. Un an après s'être gravement blessé au poignet lors de l'US Open, le Bressan retrouve son meilleur niveau. "Cela fait du bien, d'autant que je me suis au troisième tour sans surjouer, juste en étant solide. C'est encourageant pour la suite", a-t-il apprécié. Benneteau est entré dans le tournoi grâce à une wild-card. Fallait l'inviter !
Gilles Simon, lui, a davantage peiné pour venir à bout de l'Espagnol Guillermo Garcia-Lopez (6/4, 6/7, 6/5, 6/3). Gêné par des douleurs au cou, au dos et par des ampoules au pied, "Gilou" est pour l'instant loin de son meilleur niveau. Il va pourtant falloir faire quelque chose. La Tour de Tandil va se dresser face à lui, au troisième tour. Juan Martin Del Potro, le vainqueur de l'édition 2009, ce sera du lourd. Les chocs restent à venir dans le tableau messieurs. Logique, puisque les ténors sont toujours là…